« Une catastrophe ! » Philippe Di Muzio, secrétaire général de la CGT à DCNS, n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, le Plan de performance concocté par la direction de l’entreprise n’est ni plus ni moins qu’une saignée de personnels.
« Au niveau du groupe, quelque 2000 personnes sur 13 000 seraient concernées. A Toulon, même si nous n’avons pas les chiffres exacts, tout laisse à penser que ce sont près de 400 salariés qui seraient sur la sellette », indique-t-il.
Inquiétant en soi, ce chiffre suppose en outre des pertes d’emplois en cascade dans les alentours : « On a coutume de dire qu’un poste à DCNS, ce sont quatre emplois induits. On parle donc ici d’environ 1600 salariés menacés. »
Entre autres actions, la CGT a ainsi interpellé Philippe Vitel (LR) « en tant que député et membre de la commission Défense à l’Assemblée nationale quant aux conséquences sur l’emploi industriel dans le département ».
Autre sujet de préoccupation et de désapprobation : la remise en cause d’accords locaux ou nationaux sur le temps de travail par exemple. Philippe Di Muzio s’inquiète notamment de voir « apparaître pour la première fois l’éventualité de chômage partiel ».
Il dénonce également le possible « transfert de personnels et d'activités vers les filiales de DCNS » et prône une politique d’entreprise aux antipodes de ce qui est en train de se tramer : « Nous disons, nous, que toutes les activités sont bonnes à prendre. »
Le responsable syndical ne se fait aucune illusion sur le véritable objectif poursuivi avec ce Plan de performance. Il s’agit selon lui de « dégraisser la masse salariale de DCNS afin de dégager encore plus d’argent pour les actionnaires ». « Nous sommes dirigés par des actionnaires qui en veulent toujours plus. Sous couvert d’une crise que, nous, nous jugeons artificielle, la direction souhaite engager des négociations qui vont définir le cadre d’un recul. Mais en ce qui nous concerne, la régression sociale ne se négocie pas », poursuit-il.
L’organisation syndicale n’entend pas pour autant pratiquer la politique de la chaise vide et laisser ainsi le champ libre à l’entérinement de mesures qu’elle juge dangereuses.
Quoi qu’il en soit, si elle a une certitude en la matière c’est bien que « la seule solution c’est la mobilisation ».
AGNÈS MASSEI
